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Élocution : définition et exercices pour l’améliorer dès aujourd’hui

Élocution

L’élocution est la manière de s’exprimer à l’oral : la netteté avec laquelle vous articulez les sons et prononcez les mots. Elle se travaille avec le ton, le débit, le volume et les pauses, pour que l’on vous comprenne du premier coup.

Dernière mise à jour:

Ce que signifie « élocution »

Le mot vient du latin elocutio. Dans la rhétorique classique, il désignait le style, c’est-à-dire le choix des mots. Aujourd’hui, on l’emploie pour la façon de les dire : on parle d’une élocution claire, lente ou hésitante, et de cours de diction pour la travailler. Les deux termes, élocution et diction, sont très proches dans l’usage courant.

Avoir une bonne élocution ne veut pas dire gommer son accent ni parler comme un présentateur du journal télévisé. On peut avoir l’accent du Sud, du Québec ou de Belgique et une excellente élocution, à condition que chaque mot arrive entier et que la voix porte le sens. Le critère est pratique : la personne assise au fond de la salle, ou à l’autre bout d’une mauvaise ligne téléphonique, doit-elle vous faire répéter ?

Les composantes de l’élocution

ComposanteDe quoi il s’agitCe qui pèche souvent
ArticulationLa précision avec laquelle les lèvres, la langue et la mâchoire forment consonnes et voyellesMarmonner ; « chais pas », « y a qu’à », fins de mots avalées
PrononciationDire un mot avec les sons attendusLiaisons mal placées ; noms propres et termes techniques devinés
IntonationLa mélodie de la voix, ses montées et ses descentesUne ligne plate, ou une montée à la fin de chaque affirmation
DébitLa vitesse de paroleS’emballer sous l’effet du trac ; traîner en lisant
PausesDes silences placés volontairementAucune pause, ou des pauses remplies de « euh »
Volume et portéeUne voix qui porte sans crierDes phrases qui s’éteignent sur les trois derniers mots
AccentuationLe mot sur lequel vous appuyez dans la phraseTous les mots au même niveau, si bien qu’aucun ne ressort

On confond souvent articulation et prononciation. L’articulation est physique : on peut articuler un mot très nettement et mal le prononcer. La prononciation relève de la connaissance : on peut savoir comment un mot se dit et le bafouiller quand même.

L’élocution en pratique

Lisez à voix haute les deux versions de la même annonce : vous entendrez la différence.

Élocution médiocre

« Doncenfaitonvaavoirbesoindedeuxsemainesdeplussûrement, pasquelefournisseuratoujourspaslivré… » (d’un seul souffle, sans accent, la fin avalée)

Bonne élocution

« Il nous faut deux semaines de plus. [pause] Le fournisseur n’a pas livré. [pause] Je confirme la nouvelle date vendredi. » (trois phrases courtes, les mots importants bien posés, un point que l’on entend)

Le contenu est identique. Ce qui a changé, ce sont les fins de mots, la longueur des phrases, les pauses et la place de l’accent. C’est en visioconférence, au téléphone et dans les salles à l’acoustique difficile que cela compte le plus.

Exercices d’élocution à faire aujourd’hui à voix haute

Dix minutes suffisent. Faites-les debout, à votre volume de parole habituel.

  1. Détendez la mâchoire et les lèvres

    Bâillez deux fois à fond. Dites ensuite « bra-bré-bri-bro-bru » dix fois en exagérant le mouvement de la bouche. Une mâchoire crispée est la cause la plus fréquente du marmonnement.

  2. Des virelangues, d’abord lentement

    Dites « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? » cinq fois à mi-vitesse, en frappant chaque consonne, puis cinq fois à vitesse normale. Poursuivez avec « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien » et « Panier, piano, panier, piano ». La précision passe avant la vitesse.

  3. Allez au bout de chaque mot

    Lisez un paragraphe d’un article quelconque en prononçant exagérément la dernière syllabe de chaque mot et toutes les consonnes finales qui s’entendent : « quaTRe », « taBLe », « exacT ». Ce sera ridicule. Relisez normalement : une partie de la netteté reste.

  4. Le crayon entre les dents

    Tenez un crayon entre les dents sans serrer et lisez trois phrases le plus distinctement possible. Retirez-le et recommencez. Une fois l’obstacle enlevé, la langue et les lèvres travaillent avec plus de précision.

  5. Une phrase, cinq sens

    Dites « Je n’ai jamais dit qu’elle avait pris l’argent » cinq fois, en appuyant chaque fois sur un mot différent. Observez comment le sens se déplace. Vous entraînez ainsi l’accentuation et l’intonation en même temps.

  6. Marquez les pauses

    Dans un texte court, tracez une barre à chaque virgule et à chaque point. Lisez à voix haute en comptant « un » dans votre tête à chaque barre. La plupart des gens sont surpris de voir combien une seconde paraît longue, et combien elle sonne naturelle à la réécoute.

  7. Enregistrez, écoutez, refaites une fois

    Enregistrez-vous soixante secondes en racontant votre journée d’hier. À l’écoute, ne surveillez qu’une seule chose, les fins de mots ou le débit par exemple, puis enregistrez de nouveau. Un objectif par prise.

Les exercices entraînent la bouche ; la conversation, l’habitude

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Les erreurs fréquentes

  • Erreur

    Parler plus vite pour paraître à l’aise. À grande vitesse, ce sont les consonnes qui tombent en premier.

    À faire plutôt

    Gardez le même débit et raccourcissez les phrases. La clarté donne une impression d’assurance.

  • Erreur

    Surarticuler dans une vraie conversation, au point de ressembler à une annonce en gare.

    À faire plutôt

    N’exagérez que pendant les exercices. En conversation, il suffit de ne pas avaler les fins de mots.

  • Erreur

    S’exercer en chuchotant parce qu’il y a du monde à la maison.

    À faire plutôt

    Trouvez un endroit où vous pouvez parler normalement. L’articulation change avec le volume.

  • Erreur

    Vouloir tout corriger à la fois.

    À faire plutôt

    Une composante par semaine : cette semaine les fins de mots, la suivante les pauses.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre élocution et diction ?
Dans l’usage courant, les deux mots se recouvrent largement. La diction désigne plutôt la technique, c’est-à-dire l’articulation et la prononciation, que l’on travaille dans un cours. L’élocution désigne plus largement la manière de parler d’une personne, débit et aisance compris.
Améliorer son élocution, est-ce perdre son accent ?
Non. L’accent est le système de sons d’une région. L’élocution est la netteté avec laquelle vous l’utilisez. Neutraliser son accent est un autre objectif, que certains se fixent pour leur métier et dont la plupart n’ont pas besoin.
Combien de temps faut-il pour améliorer son élocution ?
Cela dépend du point de départ et de la régularité de l’entraînement. Les premiers progrès viennent en général vite, parce qu’ils tiennent à des choses simples, ralentir et terminer ses mots, et vous les entendez sur vos propres enregistrements. Il faut plus de temps pour que cela devienne automatique en situation de stress.
Ces exercices sont-ils utiles si le français n’est pas ma langue maternelle ?
Oui, surtout ceux qui portent sur les fins de mots, les liaisons et les pauses, car ils pèsent davantage sur la compréhension qu’un son isolé. Pour la prononciation d’un mot précis, consultez un dictionnaire avec audio.
Peut-on travailler son élocution sans professeur ?
Les exercices peuvent se faire seul, avec le dictaphone du téléphone. Un professeur de diction ou un orthophoniste est utile quand vous n’arrivez pas à entendre vos propres habitudes, ou en cas de difficulté précise liée à la voix.